Un road movie dans un clip vivant
Au lendemain d'une autre fin du monde, les Tempo 4, groupe de bal des années 80, marchent. Ils portent leurs instruments de musique, vêtus de leur tenue de bal décrépie, comme une seconde peau.
Il n’y a plus de repères dans l'espace (routes, lignes, panneaux de signalisation...).
Ils croiseront des vestiges de l'humanité/stéréotypes mythiques, comme par exemple une Tirésias longeant les coins et recoins de son petit espace, unevieille Médée léchant sa machine à musique pour entendre ses enfants peut-être en train de mourir, une femme enceinte nettoyant les pierres tombales de ses amants, un politique soliloquant un discours sans auditoire...
Personnages comme les derniers récifs d’un monde disparu ou grumeaux de la soupe contemporaine on ne sait.
Restes de discours construits. Paroles perdues.
Personnages accrochés à des morceaux de concret arrachés au monde
et devenus des chimères.
Les situations seront concrètes, auront évidemment une origine quotidienne et reconnaissable.
Leur folie doit aboutir à des diamants noirs de la chaosmose actuelle. Au fur et à mesure de ce « Road Movie », ils vont essayer de réinventer un cadre collectif à travers un bal tel unenouvelle utopie. Peu à peu la musique se met en place, provoque chez eux de la joie, des larmes de la fête et de la danse. Ça semble marcher, une espèce d'harmonie se met en place, il y a des choses qui ressemblent à l'amour... et ça craque de nouveau, l'un d'eux ne se sent pas bien parce que « Putain, Merde! ». Le conflit enfle. La musique perd ses notes. Ils rejouent incessamment ce pourquoi ils ont été formés.
La fiction avance. Il leur faut de l’évènement, du drame, du sentiment. Ils avancent en zig-zag pour mieux recommencer. |